Un portrait des fondateurs de Ferdie et des ateliers Saint Chaffray. Une marque d'objet des arts de la table et un studio de design, agencement, création de décor et objets sur mesure.

L’histoire de Ferdie : remettre l’Art à table

Dans l’univers de Ferdie : comment un poulet rôti est devenu une sculpture de table contemporaine.

Posted on: 
May 14, 2026
Posted by: 
Alexandra Michot
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Avant-goût

Bousculer les convenances et remettre l’audace, la fête, l’innovation et le savoir-faire au centre de la table, c’est là l’ADN de Ferdie.

Notre envie ?
Remettre l'art, le banquet et les arts de la table au goût du jour.

Notre touche personnelle ?
Sublimer l'ordinaire et l'accessoire.

C'est aussi l'intention qui nous anime en créant cet espace de rencontres, de partage et d'inspiration.

C'est une fenêtre ouverte sur ce qui nous touche, nous épate et nous étonne.

Ce sont les histoires que nous voulons raconter.

Les rencontres que nous aimons provoquer.
Les métiers d'art que nous souhaitons mettre en lumière.
Les portraits que nous allons dessiner.
Les inspirations que nous allons partager.

“Le Surtout”, c'est une fenêtre ouverte sur notre univers.

C'est une invitation,

Bienvenue chez Ferdie !

Eric & Colin Saint Chaffray - Fondateurs de Ferdie Paris

Qui de l'oeuf ou du poulet ? L'histoire de Ferdie par le menu

Avant de« cuisiner » les différents visages de l’artisanat d’art, du design, de l’hospitalité, du luxe et de la gastronomie, il était normal d’être les premiers à passer sur le grill. A l’occasion d’une visite de leur atelier, situé en banlieue parisienne, Eric et Colin Saint Chaffray, cofondateurs de Ferdie, se sont prêtés, non sans humour, au jeu du portrait de famille et des questions-réponses.

Comment est née Ferdie ? 

Eric : Tout est parti d’une sculpture de poulet doré à la feuille d’or.
Mais avant d’en arriver là, il faut revenir à la création de l’Atelier Saint Chaffray. Moi je tavaillais comme sculpteur pour le Musée Grévin. Au bout de 37 ans, j’avais un peu fait le tour et de son côté Colin qui faisait du conseil dans un tour de la Défense ne s’amusait guère. Comme Grévin avait abandonné l’idée de développer l’activité des sculptures hyper-réalistes hors du cadre muséal, on s’est dit : faisons-le ! On a commencé sur un salon en exposant un double hyper-réaliste de Colin. La sculpture grandeur nature était disposée à moitié sur une table et penchée sur un téléphone portable. Les gens s’adressaient à la sculpture et s’énervaient dene pas avoir de réponse (rires). Ce fût un vrai happening. Et ça nous a permis de rencontrer un futur client qui par la suite nous a commandé 300 sculptures réalistes d’esclaves pour le Bateau Aurore, réplique d’un des derniers navires négriers à avoir quitté le port d’Ouidah au Bénin en 1860. On vient de les livrer.
Colin : Mais on s’est vite rendu compte que nos potentiels clients avaient des besoins beaucoup plus larges que les seules sculptures. Alors on a créé un atelier global qui puisse proposer une offre à 360, intégrant la scénographie, l’agencement du décor, la conception 3D, la menuiserie, la serrurerie, la peinture… On a agrandi les espaces, on a ajouté des machines, on a recruté des gens et des compétences assez rares, on a beaucoup formé de gens aussi. C’est ainsi qu’est né Saint Chaffray.
Ferdie, est née plus récemment, en 2025, à cause… d’un poulet rôti !

Un portrait des fondateurs de Ferdie et des ateliers Saint Chaffray. Une marque d'objet des arts de la table et un studio de design, agencement, création de décor et objets sur mesure.
Eric & Colin Saint Chaffray in the Saint Chaffray workshop,  2026 @clothilderedon
Un portrait des fondateurs de Ferdie et des ateliers Saint Chaffray. Une marque d'objet des arts de la table et un studio de design, agencement, création de décor et objets sur mesure. In this image we see Eric Saint Chaffray in 1995 as an artist and scuptor with his first creation Le Poulet.
Eric Saint Chaffray and Le Poulet, 1995

D’un poulet rôti ?

Eric : Oui, à la base il s’agissait d’un travail de sculpture personnel, qui dénonçait la société de consommation. J’avais sculpté un poulet de supermarché vendu nu sous plastique. Il y avait plusieurs versions posées sur des socles, dont un poulet recouvert de feuille d’or. Un jour, il est passé du socle à la table. Et il est resté là. Parce que ça avait du sens. Ce n’était pas sa vocation première mais on a vite constaté que ça faisait réagir les gens qui passaient à la maison. C’est vrai qu’il y a un côté marrant, presque grotesque dans ce gros poulet, un plat du quotidien, sublimé par la feuille d’or. Et c’est provocateur aussi cette belle œuvre qui figure un produit aussi trivial qu’un poulet de supermarché. Mais c’est cela qui m’intéressait, cette dualité entre l’aliment basique qui appartient à tout le monde et le côté précieux.
Colin : On s’est dit qu’on tenait quelque chose et qu’on pourrait essayer de vendre des pièces. Mais on n’imaginait pas ça sur un socle dans une galerie. Plutôt au centre de la table, comme chez nous. D’où l’idée de créer une marque – Ferdie -, qui bouscule les codes et propose des pièces sculpturales pour la table, se situant entre l'art et le design, le traditionnel et le moderne, le chic et l'ostentatoire.
A contemporary centerpiece, a sculptor or collectible object in the shape of a chicken finished with gold leaf.
Collection Le Banquet - Le Poulet, resin and 24 carat gold leaf @bcdfstudio

D’où vient ce nom, Ferdie ?

Colin : C’est le diminutif du prénom de mon fils : Ferdinand.
Comme c’est une histoire de famille et de transmission, il nous semblait évident d’inclure les trois générations. C’est d’ailleurs son visage, bébé, qui orne chacune des pièces de la collection. Éric, son grand-père a ainsi sculpté un médaillon, comme une grosse médaille mais façon bas-relief. On l’a ensuite scannée en 3D afin d’en faire des miniatures. Des miniatures qui sont ensuite incrustées dans chaque pièce de la collection Ferdie. Comme une signature sculptée.
A contemporary centerpiece finished with white gold leaf, in the shape of a Camembert. in the closeup you can see the emblem, the face of the grand son standing for Ferdie.
Collection Le Banquet - Le Camembert with Ferdie emblem @clothilderedon

La collection s’est vite agrandie avec d’autres pièces, toujours en lien avec l'alimentation, c’était une volonté de départ ?

Eric : Oui, la logique c'était le centre de table. Remettre de l’art au centre de la table. Il fallait donc avoir un lien avec la nourriture, avec ce qui se passe au moment des repas. C’est le principe des anciens centres de table, qui étaient des œuvres évoquant la chasse ou des scènes en rapport avec ce qui allait arriver dans les assiettes. L’alimentaire c’était l’ADN du projet.
Même si au départ on avait fait une grande liste d’objets : des appareils photos, des chaussures… Je voulais surtout éviter de représenter des choses déjà faites, déjà belles, déjà précieuses. C’est beaucoup plus intéressant de sublimer quelque chose de basique, d’accessible à tout le monde. Le poulet, il me semble, est la viande la plus consommée sur la planète. Une noix, un pain, un croissant ou un œuf, ça ne coûte rien. Le camembert c’est très populaire, une coquille d’huître, on peut en ramasser en bord de mer… Bon, c’est vrai que le homard sort un peu de notre ligne directrice. Mais en réalisant nos pièces, on voit quel peut être l’impact visuel cela nous conduit à privilégier certaines formes, mais elles doivent toujours rester universelles, immédiatement reconnaissables. L’insolence, la provocation parfois vient du jeu d’échelle. Un croissant géant et déjà croqué, ça bouscule forcément. Et cela fait sourire.

S’il fallait expliquer la marque de la façon la plus simple possible, à un enfant de six ans ?

Colin : Je l’expliquerais comme à mon fils : On réalise des sculptures en forme de poulet, de noix ou de croissant, qu’on trouve belles et amusantes et qu’on utilise pour décorer la table. Il y en a de très grandes, dorées ou argentées, pour mettre au milieu de la table. Et d’autres plus petites pour poser son couteau ou rouler sa serviette.

Et à un adulte ?

Eric : L’idée de base c’était de redonner une esthétique à cet espace inoccupé qu’est le centre de table. On voulait sortir du bouquet de fleurs sans se prendre trop au sérieux. Alors nous avons créé des sculptures pour la table, inspirées par la gastronomie française. Ces objets sculpturaux, fabriqués en France dans nos ateliers d’Evry-Courcouronnes, n’ont pas forcément de fonctionnalité. Ils ne sont pas faits pour être « utiles » mais pour remettre des objets d'art à table, pour provoquer la discussion.
C’est une démarche artistique visant à rappeler que le repas, c’est avant tout un moment de plaisir qui permet de (se) rassembler autour d’une table.
The founders of Ferdie and Saint Chaffray. A brand of sculptural objects for the table and arts de la table and a studio of design, creation of decor and interior design.
Colin & Eric Saint Chaffray in the Saint Chaffray atelier, south of Paris @clothilderedon

Votre dernière idée folle qui s’est avérée payante ?

Eric : Décider de faire d’un poulet doré un objet de luxe ! (Rires)
Colin : Avoir tous les deux quitté notre travail pour s’associer, père et fils ensemble, pour se lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Tout le monde a tenté de nous dissuader. Au final, nous aurions dû le faire plus tôt (Sourires).

Si Ferdie était un menu ? 

Eric : Toutes les pièces de la collection banquet, forcément ! Huître, saucisson, pain, œufs à la coque, poulet, camembert et noix. Ca ressemble plus à un pique-nique (rires)… Est-ce que ça marche des croissants en dessert ?
Eric Saint Chaffray, sculptor for 35 years at Musée Grévin sculpting the the Parisian workshop a new contemporary centerpiece, the Croissant.
Collection Le Banquet - Le Croissant mordu - mould , @clothilderedon

A propos de menu, quel plat pourrait vous faire vous relever la nuit ?

Colin : Les lasagnes ! Je crois que c’est le plat favori de toute la famille. C’est aussi la spécialité de mon père. Ma mère cuisinait au quotidien mais quand mon père prenait la main c’était toujours soit des lasagnes, soit un curry. Des plats familiaux faits pour être posés au milieu de la table et partagés. De mon côté, tout ce qui implique du fromage fondu m’attire irrésistiblement (rires).

Avez-vous un « mauvais goût » favori ou un plaisir coupable ?

Colin : Mon mauvais goût favori, j’avoue, ce sont les croustilles Belin. Vous voyez ces chips apéritives chimiques à l’emmental ? C’est addictif. S’il y a un paquet ouvert je perds toute dignité (rires).
Eric : J’avoue ne pas bouder mon plaisir devant un hamburger parfois. Et plus jeune j’adorais le Caprice des Dieux.

La pire faute de goût à table ?

En chœur : Dire« Bon appétit » ! Et aussi se resservir d’un plat avant que tout le monde autour de la table ait terminé son assiette.

S’il ne fallait en garder qu’un, quel serait votre accessoire de table fétiche ?

Colin : Le toqueur d’œuf à la coque ! Vous savez ce drôle de cône en métal avec une boule qu’on tire et puis qu’on relâche et qui découpe un rond parfait dans la coquille. Bien-sûr je pourrais utiliser un couteau, mais avec cet accessoire, c’est propre, net, rapide, amusant à utiliser et tout le monde est content. Il faut dire que je suis fan d’œuf à la coque ! On en mange tout le temps à la maison !
Eric : C’est vrai qu’il en mange tout le temps (rires). Moi j’ai un faible pour les bougeoirs et les carafes, qui habillent la table. Mais je pourrais tout aussi bien parler d’une planche à découper … Indispensable, non ? Même s’il s’agit plus d’un ustensile que d’un accessoire.

Colin, comment décririez-vous votre père et vous Eric, quelques mots pour parler de Colin ?

Colin: Eric, c’est d’abord la figure paternelle avant d’être un artiste. C’est pour moi l’incarnation du goût, du chic, de la classe. Et de l’humilité.
Eric : Colin c’est un vrai chef d’entreprise, un mousquetaire fringuant et affûté. Il a l’énergie et le culot pour faire avancer les choses.

Quel est le talent ou le savoir-faire que vous auriez aimé posséder ?

Eric : J’aurais adoré avoir la technique et le geste d’un pâtissier.
Colin : Je n’ai pas le talent demon père pour dessiner. J’aurais aimé l’avoir. Plus simplement, j’adorerais savoir faire des roues arrières en moto.
A sketch of the design of a contemporary sculpture and centerpiece, here the Camembert and the Nut. Drawn by hand by Eric Saint Chaffray
Designing Le Camembert

Pour conclure, votre définition de Ferdie en quelques mots :

Eric : Ferdie, c’est tout à la fois de l’envie de remettre l’art à table, de l’innovation technologique, une pincée de provocation, de l’audace, du savoir-faire, un savant jeu d’échelle et la sublimation de l’ordinaire. 
An image of the inside of the Parisian workshop Saint Chaffray and a Ferdie creation, Le Poulet, a contemporary sculpture and centerpiece, finished with gold leaf.
Collection Le Banquet - Le Poulet, @clothilderedon